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Les herbiers aquatiquesLes herbiers aquatiques sont constitués de plantes dont les feuilles sont immergées. Les fleurs, souvent discrètes, s’épanouissent généralement au-dessus de la surface de l’eau. Les herbiers aquatiques abritent une faune très diversifiée (insectes, poissons, mollusques, etc.) et beaucoup d’oiseaux consomment les plantes de ces herbiers et la faune qui s’y abrite.
L'utriculaire Utricularia vulgaris, une plante carnivore, forme des peuplement presque purs dans certains étangs. Les pièges ( cf photos dans la rubrique « liens utiles » ) sont situés sur les feuilles, toutes entièrement immergés. L’utriculaire consomme uniquement de très petites proies, de l’ordre du millimètre. La présence de cette plante indique une tendance à la formation de tourbe dans les étangs concernés.
La grande naïade najas marina est présente au moins dans l’étang des Pâtis. Cette plante originale apprécie les eaux assez profondes. C’est un aliment particulièrement appréciée des canards plongeurs.
Le myriophylle en épi et l’élodée du Canada participent également à la formation des herbiers dans certains étangs. L’élodée du Canada est parfois appelée peste d’eau à cause de son comportement envahissant.
l’inventaire des plantes aquatiques n’est à ce jour certainement pas exhaustif. D’une manière générale, la flore fera l’objet d’une étude plus complète, probablement en 2008.
En 2004, une très jolie plante, l’Hottonie des marais Hottonia palustris, a été découverte vers l’étang de Bois Maury. Cette plante, protégée dans plusieurs régions proches de l’Ile-de-France, n’a pas été revue depuis. Sa disparition est sans doute liée à une augmentation des niveaux d’eau, mais il y a de bonne chance de la re-découvrir une prochaine année ( Note : c’est le cas le 4 septembre 2008 ) . Son apparition nous montre que le site est dans une phase très dynamique de colonisation par de nouvelles espèces. Les graines de l’hottonie, très petites, ont très probablement été transportées sur les pattes d’un canard.
Evolution et gestion :
Les herbiers aquatiques constituent une végétation relativement stable. Ils sont cependant sensibles à la pollution. Dans les secteurs les moins profonds, ils peuvent être remplacés par la roselière. Ils se régénèreront spontanément lors des interventions prévues dans cette dernière.
Végétation pionnière des rives et grèves alluvialesSur les rives en pente très douce, les sols réaménagés par le carrier sont rapidement colonisés par une végétation pionnière originale. Celle-ci est assez instable, elle sera remplacée en quelques années, souvent par la roselière.
La variation importante des niveaux d’eau ( Lors d’une année normale et hors période de crue, cette variation est de l’ordre d’un mètre. Le niveau maximum est atteint en fin d’hiver, et le niveau minimum est fin d’été. ) est un des éléments caractérisant les étangs du Grand-Voyeux. La flore qui s’installe sur les rives est adaptée à cette particularité.
C'est le cas du scirpe épingle eleocharis acicularis, une plante pionnière, rare et protégée dans la région toute proche de Picardie. Le scirpe épingle s’installe sur les rives plus ou moins vaseuses, sur les secteurs de rives dénoyées tardivement, en fin d’été. C’est à cette saison que cette plante apparaît, parfois de manière spectaculaire, en formant une sorte de gazon d’un beau vert printanier. Un autre éléocharis, l’eleocharis palustris accompagne souvent le scirpe épingle.
D'autres plantes sont fréquentes sur les rives : le bident trifoliolé, la renoncule scélérate, plusieurs espèces de jonc (jonc des crapauds, jonc articulé, jonc glauque), la menthe aquatique, le carex pseudocyperus, le lycope d’Europe et la véronique aquatique sont parmi les plus fréquentes. Le Souchet brun Cyperus fuscus, cousin des papyrus, est nettement plus rare.
Chacune de ces plantes colonise les secteurs des rives correspondant le mieux à ces exigences écologiques. Ainsi, certaines pourront préférer les secteurs inondés sur une courte période.
Evolution et gestion :
La végétation pionnière des rives est intéressante à conserver pour au moins deux raisons :
Cette végétation est cependant instable, du fait de son caractère pionnier. Elle est donc assez rapidement remplacée par la roselière. Les saules, en particulier le saule blanc, sont aussi souvent très envahissants. Il est ainsi souvent possible de compter plusieurs dizaines de très jeunes arbres de cette espèce par mètre carré de sol. Après quelques années, nous imaginons alors le changement radical du paysage et de la végétation provoqué par la croissance des arbres !
Pour maintenir la végétation pionnière, l’Aven organise régulièrement des chantiers d’arrachage de jeunes saules. Il sera sans doute nécessaire d’intervenir également pour maitriser le développement de la roselière au détriment de cette végétation de type grève alluviale.
Les roselièresLes anciens bassins de décantation abandonnés depuis plusieurs années offrent un sol meuble, constitué de particules très fines d’argile ou de limon. Les grands hélophytes ( Plante dont les racines sont sous la surface de l’eau, tandis que les tiges, feuilles, fleurs et fruits sont au-dessus de l’eau. ) , en particulier le roseau Phragmites australis, forment des peuplements denses : c’est la grande roselière.
Les roselières du Grand-Voyeux sont presque uniquement constituées de phragmites. D’autres espèces de roseaux comme les massettes sont présentes en petite quantité. D’autres plantes sont susceptibles de s’installer dans la roselière, les graines peuvent par exemple être transportées sur les pattes des canards. A ce jour assez pauvre sur le plan botanique, les roselières constituent un des milieux les plus précieux pour les oiseaux. Elles abritent et permettent la nidification de plusieurs espèces menacées.
Evolution et gestion :
Grâce aux rhizomes vigoureux des roseaux, la roselière s’étend progressivement et peut coloniser toute la surface d’un étang. Par ailleurs, au fil des ans, les tiges et feuilles mortes des roseaux s’accumulent et tendent à combler l’étang puis à assécher la roselière : les saules s’installent alors, préfigurant une évolution vers des milieux forestiers.
Il est donc nécessaire d’intervenir régulièrement pour recreuser certains secteurs et re-créer une mosaïque comprenant des étendues d’eau sans roseau. En effet, c’est à proximité de la lisière que la roselière est la plus riche sur le plan biologique.
Friches, bois et prairiesCes milieux, sans doute moins originaux que les milieux humides évoqués précédemment, ne doivent pas être négligés pour autant : ils contribuent à la mosaïque de milieux constituant le Grand-Voyeux et donc à la diversité biologique du site, participent à l’équilibre de l’ensemble et abritent dans certains cas des espèces emblématiques. La composition floristique des friches, bois et prairies, est assez variable selon les caractéristiques des sols (degré d’humidité, nature sableuse ou argileuse, degré de maturité).
Les friches
Les sols surélevés par rapport à la nappe alluviale, jamais noyés ou seulement ponctuellement en hiver, sont rapidement colonisés par une végétation discontinue constituant des friches plus ou moins denses. En l’absence d’intervention humaine, ces friches évolueront à leur tour vers la forêt de feuillus. Il est important de prévoir un mode de gestion approprié à la conservation de certaines friches.
Les prairies
Les prairies sont tout comme les friches des milieux nécessitant des interventions régulières afin d’éviter leur boisement spontané. Pour l’essentiel, c’est le pâturage des moutons solognots qui assurera cet entretien, même si quelques secteurs de prairies de fauches sont à envisager.
Lorsque le sol est sableux et pauvre en éléments nutritifs, la végétation s’installe plus difficilement. Une parcelle du Grand-Voyeux correspond à de telles caractéristiques, et L’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement) y a découvert une entomofaune ( partie de la faune constituée par les insectes ) particulièrement riche. Les lapins jouent dans ce secteur un rôle essentiel en empêchant une végétation trop touffue de se développer. Le développement des bouleaux devra cependant être maitrisé.
Les boisements
Les boisements sont constitués d’essences assez diversifiées : chênaie-charmaie en périphérie, saules et aulnes lorsque les sols sont plus humides, fruticées à aubépines et pruneliers, peupleraie artificielle. Il est important de conserver quelques bois sur le site du Grand-Voyeux, ils permettent notamment la nidification d’espèces comme le milan noir et le faucon hobereau.
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