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Colonisation et évolution

Après l’exploitation d’un secteur de la carrière, le sol restitué est nu. La végétation qui s’installe par la suite dépend des conditions physiques et chimiques du sol : présence ou non de calcaire, richesse en éléments nutritifs, degré d’humidité, …


Cette végétation s’installe de manière spontanée, sans intervention humaine.


Les seules exceptions sont :


Aussi des sols secs…


La nature humide des milieux en cours d’installation au Grand-Voyeux est liée à la présence à faible profondeur d’une nappe d’eau souterraine, la nappe alluviale.


Lorsque le sol est un peu plus haut que le niveau de cette nappe, le sol devient plus sec. Si ce sol est sableux, il ne retient pas l’eau de pluie, ce qui en accentue encore la sécheresse.


Sédum âcre ou poivre des muraille

De tels sols sont colonisés par des plantes caractéristiques de milieux secs, comme le sedum âcre ( parfois appelé poivre des murailles à cause d’une part de sa saveur piquante et d’autre part de son installation fréquente sur les vieux murs. )  (cf photo ci-dessus). Celui-ci est adapté à la sécheresse puisque ses feuilles charnues ont la capacité de stocker de l’eau pour les périodes où il ne pleut pas.

Dans le cadre du projet du Grand-Voyeux, il est souhaitable de favoriser l’installation de certaines formations végétales caractéristiques des zones humides. Pour favoriser cette végétation spécifique, il est suffisant d’intervenir sur leurs conditions d’humidité. Au Grand-Voyeux, cette humidité dépend de la proximité de la nappe alluviale ( nappe d’eau souterraine reliée à la rivière ) .


C'est pourquoi les travaux de réaménagement demandés au carrier consistent pour l’essentiel à agir sur la topographie : il s’agit d’obtenir des sols proches du niveau de l’eau et régulièrement noyés en hiver, ainsi que privilégier la sinuosité des rives afin d’augmenter la surface de contact entre l’eau et la terre.


D'autres interventions et en particulier l’introduction de végétaux, sont en principe inutiles : très rapidement, dès la première année suivant les travaux, les sols d’abord dépourvus de végétation vont être colonisés par différentes plantes adaptées à la forte humidité du sol.


Les premières plantes installées, souvent qualifiés de pionnières, sont généralement peu résistantes à la concurrence. Elles seront progressivement remplacées par d’autres végétaux formant une végétation plus stable. Lors de ce processus de colonisation des sols nus aménagés par le carrier, plusieurs formations végétales sont ainsi susceptibles de se succéder au fil des ans.


 

Sans intervention humaine, finalement la forêt s’installera au bout de quelques décennies. Pour conserver l’intérêt du site et notamment sa diversité biologique, il est nécessaire de conserver une mosaïque de milieux diversifiés, incluant des milieux jeunes, voire pionniers.


La Marne, aujourd’hui maitrisée et artificialisée pour la navigation, avait autrefois la capacité de créer de nouveaux milieux humides - marais, etc. - en creusant le sol et en bouleversant la végétation lors d’inondations. Le comblement naturel de ces milieux était donc compensé par de nouvelles créations.


A l’époque préhistorique, les troupeaux de grands herbivores, plus abondants qu’aujourd’hui, exerçaient une pression suffisante pour maintenir des milieux ouverts comme les prairies humides.

Des interventions sont donc prévues, dans le cadre d’un plan de gestion encore à définir, afin de réinitialiser le cycle d’évolution de la végétation dans certains secteurs, afin de conserver des milieux pionniers. D’autres interventions visent à bloquer ce cycle d’évolution à un stade précis. C’est le cas pour les prairies.


Le pâturage, la fauche, l’étrépage ( décapage du sol ) , le faucardage ( fauchage éventuellement mécanique dans une roselière ou un étang )  sont quelques unes des interventions possibles selon l’objectif visé et le milieu concerné.


Certains phénomènes naturels, comme les inondations régulières, jouent aussi un rôle important pour la conservation de milieux pionniers. Des animaux comme les lapins et les sangliers exercent aussi une pression non négligeable sur la végétation.

 
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